Le networking ne consiste pas nécessairement à distribuer des cartes de visite, à forcer les conversations ou à essayer de rencontrer le plus grand nombre de personnes en une soirée. Il s’agit avant tout de construire des relations professionnelles utiles et fondées sur la confiance, qui se développent progressivement et dans les deux sens. Si les situations sociales vous épuisent ou si vous ne savez pas comment engager la conversation, le design thinking peut vous apporter un cadre pratique.
Dans ce contexte, le design thinking ne désigne pas la création d’une maquette graphique. Il s’agit d’une manière de réfléchir qui consiste à observer les besoins des personnes, à formuler un problème, à tester de petites étapes et à ajuster la suite en fonction des retours. Le networking cesse ainsi d’être une obligation sociale vague pour devenir un processus que l’on peut préparer, tester et développer naturellement.
Ce que signifie réellement un networking sans stress
Un networking sans stress ne signifie pas que vous ne ressentirez jamais de nervosité. L’objectif est plutôt d’éviter que cette nervosité dicte votre comportement. Au lieu de vous dire « je dois impressionner », fixez-vous une tâche plus modeste et concrète : parler à une personne, lui poser deux questions, puis noter ce que vous avez appris.
Cette approche réduit la pression de la performance. Vous n’avez pas besoin de paraître parfait, de décrocher immédiatement un client ou de transformer chaque contact en collaboration durable. Un contact de qualité n’est souvent que le début d’une prochaine conversation, et non un résultat définitif.
Commencez par un problème, pas par une liste de contacts
Dans le design thinking, la première étape consiste à comprendre la personne et sa situation. En matière de networking, cela revient à vous demander ce que vous cherchez réellement à résoudre. Vous recherchez peut-être un collègue expérimenté dans un domaine précis, un avis sur une nouvelle idée, une meilleure compréhension de votre secteur ou des personnes avec lesquelles échanger des expériences.
Sans objectif clair, vous risquez de vous mettre à aborder les gens de façon mécanique. Les échanges restent alors généraux et, après l’événement, vous ne vous souvenez plus de ce qui vous avait intéressé chez telle ou telle personne.
Avant une occasion de networking, répondez aux questions suivantes :
- Qu’est-ce que je veux mieux comprendre ? Il peut s’agir d’un processus de travail, d’un marché, d’un rôle professionnel ou d’un problème rencontré par les clients.
- Qui ai-je besoin de rencontrer ? Ce n’est pas forcément la personne qui occupe le poste le plus élevé. Quelqu’un disposant d’une expérience pratique récente peut être plus utile.
- Que puis-je apporter ? Cela peut être une expérience, un contact pertinent, un retour ou la volonté de partager une méthode qui a fait ses preuves.
- Quel petit résultat serait suffisant ? Par exemple, une piste à explorer ou une conversation qui mérite d’être poursuivie.
Préparez une petite expérience de networking
Le design thinking s’appuie sur le prototypage : on réalise un petit essai au lieu de tout planifier longuement. En networking, le prototype peut prendre la forme d’une courte présentation, d’une question ou de la manière dont vous reprenez contact après une conversation.
1. Préparez une présentation naturelle
Votre présentation n’a pas besoin de ressembler à un slogan publicitaire appris par cœur. Il suffit d’expliquer en une ou deux phrases ce que vous faites et ce qui vous intéresse dans votre travail. Une bonne formulation apporte un contexte concret, au lieu de se limiter à un intitulé de poste.
Au lieu de dire « Je suis chef de projet », vous pouvez préciser : « Je dirige des projets dans lesquels des équipes mettent en place de nouveaux outils numériques. En ce moment, je m’intéresse à la manière dont les personnes vivent le changement sans créer de chaos inutile. » Cette formulation offre davantage de pistes à votre interlocuteur pour réagir.
2. Préparez des questions fondées sur la curiosité
Vos questions ne doivent pas donner l’impression d’un interrogatoire. Choisissez-en deux ou trois en lien avec le thème de l’événement ou avec ce que vous souhaitez comprendre. Les questions ouvertes sont particulièrement utiles :
- « Sur quoi travaillez-vous principalement en ce moment ? »
- « Qu’est-ce qui s’est révélé plus difficile que prévu dans ce projet ? »
- « Comment êtes-vous arrivé dans ce domaine ? »
- « Qu’est-ce qui vous a le plus aidé à résoudre un problème similaire ? »
Après avoir posé votre question, laissez à l’autre personne le temps de répondre. Le networking n’est pas une compétition où chacun cherche à placer le plus d’arguments possible. Une écoute attentive constitue souvent une meilleure base relationnelle qu’une présentation de soi parfaitement préparée.
3. Testez une petite étape
Si vous avez du mal à aborder des inconnus, ne commencez pas par une grande conférence réunissant des dizaines de participants. Essayez plutôt une rencontre professionnelle en petit comité, une discussion en ligne ou un échange bref avec un collègue d’une autre équipe. L’objectif n’est pas de supprimer immédiatement tout inconfort, mais de découvrir quel format vous permet de communiquer plus naturellement.
Comment choisir le bon format de networking
Un même format ne convient pas à tout le monde. Une personne extravertie peut tirer de l’énergie d’un événement animé, tandis qu’une autre préférera un petit groupe ou une conversation individuelle. Il ne s’agit pas de trouver le meilleur canal en général, mais de choisir celui qui correspond à votre objectif, à votre temps disponible et à votre énergie.
| Format | Quand il peut être adapté | Points de vigilance |
|---|---|---|
| Grand événement professionnel | Lorsque vous souhaitez obtenir une vue d’ensemble et découvrir plusieurs points de vue | Les conversations sont souvent brèves et le bruit peut nuire à la concentration |
| Petit groupe de discussion | Lorsque vous souhaitez approfondir un sujet | Il faut participer activement pour ne pas rester simple auditeur |
| Conversation individuelle | Lorsque vous recherchez une expérience précise ou un retour | Elle exige un objectif plus précis et le respect du temps de l’autre personne |
| Communauté en ligne | Lorsque vous souhaitez connaître progressivement des personnes ou dépasser une première réserve | Sans contributions régulières, le contact peut rapidement disparaître |
Menez la conversation comme une exploration commune
Le design thinking commence par l’empathie, c’est-à-dire par l’effort de comprendre l’expérience de l’autre sans tirer trop vite de conclusions. En networking, cela ne signifie pas jouer au thérapeute ni poser des questions trop personnelles. Il s’agit d’écouter ce que la personne dit et de rebondir sur ses réponses.
Une structure simple peut vous aider :
- Ouvrez le sujet : commencez par une question liée au lieu, à l’événement ou au domaine professionnel.
- Explorez la réponse : posez une question complémentaire qui s’appuie sur ce que votre interlocuteur vient de dire.
- Partagez une expérience pertinente : ajoutez brièvement votre propre point de vue afin que l’échange ne soit pas à sens unique.
- Terminez avec respect : remerciez la personne pour son temps et, selon la situation, proposez de rester en contact.
La conversation peut par exemple commencer ainsi : « Vous disiez que vous mettiez en place un nouveau système. Qu’est-ce qui a été le plus difficile pour l’équipe ? » Après sa réponse, vous pouvez ajouter : « J’ai rencontré une réaction similaire sur un autre projet. Nous avons commencé par tester le changement auprès d’un petit groupe, ce qui nous a aidés. » Cet échange n’est pas une démonstration de votre valeur, mais un partage d’expériences.
Le suivi après la conversation permet de poursuivre la relation
De nombreux contacts disparaissent non pas parce que la conversation était dénuée d’intérêt, mais parce qu’aucune étape concrète ne suit. Le suivi n’a toutefois pas besoin d’être long ou formel. Il est plus efficace lorsque vous rappelez le sujet commun et expliquez pourquoi vous souhaitez rester en contact.
Un message court peut comporter trois éléments :
- Le contexte : le lieu et le sujet de votre rencontre.
- Un élément précis : ce qui vous a intéressé ou aidé dans la conversation.
- La prochaine étape : une proposition de bref échange, de partage de document ou simplement une ouverture pour poursuivre la discussion.
Vous pouvez écrire : « Merci pour notre échange d’aujourd’hui sur la mise en place d’un nouveau système. Votre expérience des tests menés auprès d’un petit groupe m’a particulièrement intéressé. Si vous êtes d’accord, je serais heureux de rester en contact et de revenir vers vous plus tard avec une question sur ce sujet. » Ce message est plus précis qu’un simple « Ravi d’avoir fait votre connaissance ».
Les erreurs fréquentes qui augmentent le stress
Certaines habitudes de networking créent de la pression tout en diminuant la qualité des relations. Vous pouvez les repérer avant même l’événement.
- Se concentrer sur le nombre de contacts : une longue liste de personnes ne constitue pas forcément un réseau utile. La pertinence et la qualité de l’échange comptent davantage.
- Faire une proposition trop tôt : commencer par vendre quelque chose ou demander immédiatement de l’aide peut donner à l’autre personne peu de raisons de poursuivre la conversation.
- Monopoliser la conversation : une longue présentation de soi sans question crée un déséquilibre et rend l’échange moins naturel.
- Supposer que tout le monde est également disponible : une personne peut être fatiguée, pressée ou ne pas souhaiter poursuivre. Le fait qu’elle décline la conversation ne constitue pas nécessairement un jugement sur vous.
- Idéaliser les personnes importantes : un poste élevé ne signifie pas automatiquement que cette personne est le contact le plus pertinent pour votre objectif.
- Envoyer automatiquement le même message à tout le monde : un texte impersonnel peut ressembler à une campagne de masse plutôt qu’à la suite d’une conversation précise.
Comment gérer le refus et l’incertitude
Dans le cadre du networking, certaines personnes ne répondront pas, n’auront pas le temps ou ne souhaiteront pas poursuivre le contact. Ce résultat fait partie du processus ; il ne constitue pas la preuve d’un échec personnel. Les réactions dépendent de la situation, des priorités et des préférences de communication de chacun, que vous ne pouvez souvent pas connaître.
Il est utile de distinguer deux questions : que s’est-il passé et qu’est-ce que j’imagine à ce sujet ? Le fait est que la personne n’a pas répondu à votre message. Supposer qu’elle vous trouve inintéressant relève de l’interprétation. En maintenant cette distinction, vous pourrez plus facilement déterminer s’il est pertinent d’envoyer un dernier rappel bref ou de clore le contact.
Si les situations sociales vous pèsent durablement, provoquent une forte anxiété ou perturbent votre travail et votre fonctionnement quotidien, les techniques de networking peuvent ne pas suffire. Dans ce cas, il peut être approprié d’en parler à un professionnel qualifié. Les exercices pratiques de communication peuvent aider certaines personnes, mais ils ne remplacent pas un accompagnement spécialisé lorsque les difficultés sont importantes.
Évaluez l’expérience et ajustez la prochaine étape
Après un événement, ne mesurez pas seulement le nombre de personnes auxquelles vous avez parlé. Revenez à votre objectif initial et examinez ce que vous avez appris. Le design thinking est particulièrement utile parce qu’il intègre l’apprentissage et l’ajustement de la méthode.
Notez par exemple :
- quel format vous a permis d’avoir la meilleure conversation ;
- quelle question a ouvert un sujet intéressant ;
- à quel moment vous avez ressenti le plus de pression ;
- ce que vous pourriez simplifier ou préciser la prochaine fois ;
- avec quels contacts il existe une raison naturelle de poursuivre l’échange.
Vous construirez ainsi vos propres repères au lieu de suivre des conseils universels. Vous découvrirez peut-être que les conversations courtes pendant les pauses vous conviennent, ou qu’une rencontre planifiée à l’avance fonctionne mieux. Le développement personnel ne vient pas d’une seule performance courageuse, mais d’une succession de petits ajustements.
Un plan simple pour la semaine à venir
Pour commencer sans pression inutile, choisissez une petite expérience :
- Notez ce que vous souhaitez comprendre ou la personne que vous aimeriez rencontrer.
- Choisissez un format adapté, comme une courte conversation avec un collègue ou une rencontre professionnelle en petit comité.
- Préparez deux questions ouvertes et une phrase expliquant ce que vous faites.
- Pendant l’échange, concentrez-vous sur l’écoute et sur un sujet commun précis.
- Dans les un ou deux jours suivants, notez l’idée essentielle et envoyez éventuellement un message personnel et bref.
Cette démarche est suffisamment modeste pour ne pas ressembler à une épreuve sociale, tout en étant assez concrète pour vous permettre d’évaluer le résultat. Le networking ne consiste alors pas à devoir être constamment visible. Il devient une manière réfléchie de créer un espace pour des relations mutuellement utiles, qui se développent à leur propre rythme.